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L'influenza aviaire et nous …

Les modalités de lutte contre l’épidémie qui sévit dans le sud-ouest sont connues. Discutées, discutables, mais connues. Pour notre activité ‘produits frais’, ça va être un gros coup dur. Pourvu que le vide sanitaire soit efficace, et que Dame Nature nous épargne! Tout sera (c’est ce qui est prévu par nos bureaucrates) revenu à la normale après l’été. Ouf!

Je vais vous présenter la situation, vous présenter les solutions que nous mettrons en place pour que notre entreprise puisse rejoindre l’automne prochain en bonne forme.

L’influenza aviaire détectée en Dordogne, puis dans les Landes à finalement contaminé tout le Sud-Ouest. Tous les élevages ne connaissent pas les mêmes effets de cette pathologie très contagieuse entre oiseaux, mais finalement pas dangereuse pour les autres animaux (dont nous sommes). Très forte mortalité chez les gallinacées (adieu chapons, poulets, pintades), très peu d’effets chez nos canards dont on peu dire qu’ils sont porteurs sains: c’est pourquoi ils sont au coeur du problème. Pour les détails, je vous laisse consulter les sites spécialisés.

Toute la zone de production de foie gras labellisé IGP Sud-Ouest est concernée par les mesures prises pour arrêter la propagation du virus. Donc depuis début janvier, aucun élevage de palmipède n’est autorisé à mettre en production. Les animaux en élevage sont conduits normalement au terme. Lorsque tous les élevages auront terminé leurs bandes, ils seront nettoyés, désinfectés et respecterons un long vide sanitaire (on parle de 5 semaines) à compter de l’abattage du dernier lot. La reprise se fera, à condition que les élevages et les animaux soient indemnes, à compter de fin juin.

Ce qui devrait nous permettre d’être de nouveau approvisionnés en produits frais en septembre, octobre.

Les exportateurs de volaille vont retrouver le sourire en même temps que la France son statut de pays indemne d’influenza aviaire.

Ainsi, pour échapper à la maladie, la France à innové en s’en remettant à un vide sanitaire. Certes, le rôle du vide sanitaire est important. C’est tellement vrai que dans tous les élevages, c’est une des clé de la réussite. Je doute quand même de la garantie à court ou moyen terme. La péripétie coûteuse ne risque-t-elle pas de réapparaitre rapidement (dès la prochaine migration d’oiseaux sauvages) ? Personne n’en sait rien, mais tout le monde fait comme si: « ça va le faire ! ».

L’option « vaccination » a été rapidement écartée par les pouvoirs publics. Trop cher, inefficace, etc, etc. C’est très discutable …

Le prochain vide sanitaire risque fort de s’appliquer aux petites entreprises celles qui ne font pas partie d’un de ces conglomérats financier-lobbyiste-agroalimentaires, comme la nôtre. Mais nous ne craignons rien, les courbes vont s’inverser, et nos élus seront réélus.

Et nous dans tout ça ?

Nous allons pomper comme les shadocks! refaire vite nos réserves de produits en conserve avant mi-avril, selon des prévisions de vente jusqu’à cet automne. Ca va employer toutes nos ressources financières bien plus tôt que le autres années. La trésorerie générée par les ventes de produits frais va disparaitre pendant 4 mois: justement ceux de la forte saison des magrets grillés. A l’automne, nous devrons remettre ça pour reconstituer un stock que d’habitude nous produisons en mai-juin: problèmes: on est déjà à pleine charge pour la fin d’année, comment faire? Embaucher? c’est pas possible. Travailler plus? on le fait déjà. Se lever tôt ! ça on sait le faire: 2 journées en 1, le rythme d’un décembre normal dès septembre: pourvu que ma carcasse me laisse tranquille. Le mode survie, pour avoir le droit de continuer à cotiser, le rêve quoi .

Parce que coté soutien, on ne peut compter que sur vous: nos clients qui n’allez pas aller acheter de produits transformés en France ou produits en France dans des élevages industriels de Vendée. Vous qui ne demanderez pas de magret ‘origine importation’ au restaurant. Parce que du vrai canard frais du Sud-Ouest, cet été, sauf à l’avoir congelé, il n’y en aura pas !

Et sur notre banque, à qui nous allons acheter de la trésorerie, qui n’ignore rien de la situation, et nous accorde sa confiance (au vu des bons résultats qui sont là depuis des années). Ouf!

Car le soutien des ‘pouvoirs publics’ ne s’est pas encore manifesté. Donc on va faire sans. En même temps, d’autres secteurs en ont plus besoin. De plus, c’est difficile d’avoir des précisions, y compris via le site du ministère (voir le communiqué officiel ici). A se demander si la vérité est bonne à dire … et si cette mesure exceptionnelle n’a pas été mise en place pour évacuer des stocks trop importants.

Nous nous efforcerons de trouver des solutions pour fournir en qualité: hors de question de transiger avec notre engagement pour un approvisionnement  exclusif en produits labellisés IGP Sud-Ouest. Nous sommes totalement solidaires de notre fournisseur. Aucun autre produit que celui que nous avons choisi n’entrera dans notre gamme. Nous essaierons de maintenir nos ‘Magret Party’, pour peu que nous puissions réaliser notre réserve de magrets, dans le respect des dispositions prévues au cahier des charges canard IGP Sud-Ouest.

Nous vous tiendrons bien entendu informés de l’évolution d’une situation très embarrassante dont nous nous serions bien passé. En attendant, soyez prévoyants et mettez à profit le mois de mars pour congeler quelques magrets pour vos grillades de cet été.